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Etapes de la restauration d'une toile

 

Nom du tableau : L'exaltation de Saint Jean de Croix

Artiste : Joachim de Soignies 1758

Dimensions : 4,8 * 3,7m - huile sur toile de lin

Avancement de la restauration : Restaurée entre 12/2003 et 9/2004 par Paul Duquesnoy avec les conseils de l'IRPA

Emplacement : transept

 

 

 

Passez la souris sur la toile !

Analyse
Etat avant la restauration
Etapes de la restauration


Analyse

Cette peinture appartenait à l'origine au couvent des Ursulines à Mons. Elle fut transportée à la collégiale au XIXe siècle à l'endroit où elle est toujours actuellement

J. De Soignies (1720 - 1783) est d'origine montoise. Il paracheva son apprentissage à la peinture pendant 5 ans à Paris, séjourna à Rome et s'installa à Mons pour y exercer son métier. Il devint le peintre officiel de Anne-Charlotte de Loraine. Il était apprécié pour ses peintures religieuses. Bien que très productif, la plus grande partie de son œuvre disparut lors de la révolution. Six de ses tableaux sont conservés à la collégiale

L'appellation du tableau pose des problèmes aux historiens car les représentations habituelles de saint Jean de la Croix (guérit un compagnon, converse avec le Christ, éteint un incendie, agenouillé devant un autel,…) et ses attributs (habit de carmélite, crucifix présenté sur la poitrine) ne sont pas représentées ici. Dans le tableau, on voit le saint une main posée sur la poitrine et l'autre main désignant la croix portant les clous, la couronne d'épine, la lance et le porte-éponge. Ce sont des instruments de la passion qui sont un des attributs de saint Bernard (mais qui les tient le plus souvent contre sa poitrine). P.Duquesnoy affirme que le tableau ne représente pas saint Jean de la Croix, et sans doute pas non plus saint Bernard dont les attributs les plus fréquents ne sont pas représentés. Le peintre n'a donc pas respecté les canons habituels et il est difficile de définir quel saint a été représenté. De Soignies s'est inspiré - assez librement - de la Vierge prenant les Jésuites sous sa protection de Simon Vouet.

La toile, en lin, est composée d'un seul morceau. Il s'agit d'une peinture à l'huile. Le peintre a utilisé des brosses et des pinceaux à poils souples. La couche picturale est mince et d'aspect lisse. La lumière est rendue par des rehauts de couleurs claires et en jouant sur les effets de transparence sur la préparation blanchâtre légèrement jaune.


Etat avant restauration

L'état de dégradation était déjà signalé au XIXesiècle. Elle a subi diverses restaurations malencontreuses (découpe des bords, mastics, retouches et surpeints, usures provoquées par d'anciens dévernissages).

o Des infiltrations d'eau ont provoqué des soulèvements et l'écaillage de la couche picturale. 2/3 de la couche picturale était soulevée.
o La toile était déchirée et la peinture écaillée à plusieurs endroits.
o Des réparations au mastic blanc et rouge avaient été réalisées.
o Des retouches assez grossières avaient été appliquées.
o La couche protectrice était oxydée et recouverte d'un important dépôt de crasse superficielle
o Le châssis quant à lui était en bon état.

 

Etapes de la restauration

1. Les mastics ont été enlevés dans la mesure du possible

2. Le support a été dédoublé. Les déchirures ont été collées et les lacunes ont fait l'objet de pièces en toile de lin mastiquées par la suite

3. Les soulèvements de couche picturale ont été fixés à la cire d'abeille

4. La crasse superficielle a été enlevée à l'eau

5. Le vernis a été enlevé partiellement ou totalement quand celui-ci recouvrait des surpeints qu'il convenait de dégager.

6. Les surpeints (qui recouvraient parfois largement l'œuvre originelle) ont été enlevés

7. Les lacunes et usures ont ensuite été retouchées

8. L'ensemble a été reverni par pulvérisation au pistolet

9. Le châssis a été rigidifié afin de pouvoir soutenir la toile nouvellement doublée et traité contre les xylophages

10. Le cadre a été nettoyé et traité

11. Les éléments métalliques de suspension ont été revus pour éviter de trouer la toile et traités contre la rouille

12. L'œuvre a été enfin transportée à la collégiale et rependue au moyen d'un élévateur compte tenu du fait qu'elle se trouvait à 12m de haut.



 

 
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